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L’Iran en images : adaptation à l’environnement géographiqueUn tour illustré de l'Iran/10

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L’Iran en images

Cette série de contributions est composée de 12 articles, à savoir :

1. Jardins et bazar

2. La rue, l’alimentation

3. Religions

4. Villes et constructions dans le désert

5. Déserts, caravansérails

6. Trois palais

7. Place de l’Imam, à Esfahan : deux mosquées

8. Trois mausolées

9. Deux mosquées, à Shiraz et à Yazd

10. Adaptation à l’environnement géographique

11. Vieilles villes

12. Hammam, zurkhaneh


Adaptation à l’environnement géographique

Il n’y a pas de système fluvial d’importance dans le pays; pendant les mois les plus chauds, l’Iran manque de précipitations. Une grande partie des sols est constituée de déserts et steppes : presque 50 % de la surface du sol se compose de sols pierreux et peu épais sur un lit rocheux. Une partie importante du pays est caractérisé par de grandes anomalie climatiques : pluies faibles, vents forts, températures élevées entraînant une aridité importante. De plus, les limites Ouest et la région du Nord-Est du pays se trouvent dans une zone à risques sismiques importants.

Dès lors, dès l’émergence des grands empires {achéménide (539-339 avJC), sassante (224-651 apJC)}, les ingénieurs persans ont dû trouver des solutions à deux grands problèmes : l’approvisionnement en eau et la maîtrise du climat.


Système hydraulique

Dans un pays où l’eau est relativement rare, il est impératif d’assurer la maîtrise et gestion de l’eau.
Pour capter les nappes d’eau souterraines et assurer l’adduction de l’eau vers les centres habités, autour du début du 1er millénaire avJC les ingénieurs iraniens ont développé la technique du qanat, qui s’est étendue par la suite au Maghreb, au Moyen-Orient, à l’Afghanistan, à l’Inde et à la Chine.

Le qanat est constitué d’un ensemble de puits verticaux reliés à une galerie de drainage qui achemine l’eau vers des citernes ; cette eau est utilisée ensuite pour l’irrigation des champs et jardins, ou les besoins des lieux habités.

Près de Yazd on note une suite de vastes cercles creusés dans le désert et espacés de quelques dizaines de mètres les uns des autres, surmontés par une petite construction à arcade. Il s’agit des bouches et puits d’accès d’un qanat, l’un des canaux souterrains transportant l’eau du massif de Shir-kouh (4055 m), sur une centaine de kilomètres, à une profondeur de 100 mètres sous la roche et le sable. Des équipes de maintenance entretiennent régulièrement les qanat pour en éliminer le sable et les sédiments.


Musée de l’eau, Yazd

Installé dans une ancienne maison de l’époque qadjar, le Musée de l’eau de la ville de Yazd permet de connaître l’histoire, les enjeux et les techniques de captation et de conservation de l’eau à Yazd. Dans cette ville située dans un environnement désertique, atteignant les températures les plus élevées en Iran,  cette question revêt la plus grande importance. 



Système de refroidissement

Certaines régions de l’Iran, dont Yazd et ses environs, le centre désertique du pays, ainsi que les villes situées sur la rive nord du golfe Persique ont un climat extrèment chaud. Depuis des siècles, les badgir ou « tour du vent » (littéralement « attrape-vent ») constituent la solution à ce problème en permettant le refroidissement des bâtiments par ventilation naturelle.

Le principe sur lequel sont basées ces tours capteures de vent consiste dans l’exploitation de la faible différence de pression entre la base et le sommet à l’intérieur de la colonne d’air. Ainsi, à chaque fois qu’un faible souffle de vent passe à travers le sommet du badgir, la différence de pression aide à remonter l’air chaud vers le sommet et à amener de l’air frais vers le bas de la colonne. 

De plus, la terre crue qui sert de matériau pour la construction des tours permet de réduire la transmission de la chaleur.

Par l’effet combiné de la différence de pression et des propriétés de conductibilité  du matériau de construction, le capteur de vent réussit à rafraîchir sensiblement les espaces bas dans les édifices.

L’efficacité des badgir est depuis longtemps prouvée et ils sont toujours utilisé comme climatiseurs. De nombreux réservoirs d’eau traditionnels sont d’ailleurs reliés à des capteurs de vent, ce qui permet de conserver l’eau à des températures fraîches pendant les fortes chaleurs.


Palais de Dowlat Abad

Edifié en 1738 par Mohammad Taghi Khan-e Bafghi, gouverneur de Yazd sous le règne de Nadir Shah (1688-1747), de la dynastie des Afsharides, cet ensemble regroupe la résidence du gouverneur, un jardin et un bâtiment hexagonal dominé par un badgir. Du haut de ses 33.8 mètres, cette tour du vent est réputée être la plus haute du monde.

L’ensemble est entouré d’une muraille avec ses donjons.

Le palais possède également un qanat qui alimente les plantations du grand jardin, richement arborisé.



Badgir à Yazd

Yazd, ville située dans une zone désertique, où la température est très élevée, est connue comme la « ville des badgir«  du fait de la présence de nombreuses tours du vent qui marquent le paysage urbain.

Ci-après, quelques images de ces badgir.



 

Cosimo Nocera est historien et guide du Musée national de Bangkok. Il a vécu et travaillé en Italie, Suisse et en Amérique andine (Pérou, Equateur et Bolivie). Après un long séjour en Asie du Sud-Est, il vit actuellement en Suisse française.

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