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Le catéchisme sur les murs/6Peintures médiévales d'églises : l'ancienne Principauté épiscopale de Bâle (Fürstbistum Basel)/3

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Principauté épiscopale de Bâle (Fürstbistum Basel)/3

Les églises présentées ci-après se trouvent sur le territoire de l’ancienne Principauté épiscopale de Bâle, mais dans sa partie passée au protestantisme lors de la Réforme du XVIe siècle. Il s’agit des temples de Saint Imier, Moutier, La Neuveville, Pieterlen/Perles et Biel/Bienne. De nos jours, ils se trouvent tous sur le territoire du canton de Berne, les trois premiers dans le Jura bernois.

Les temples de la partie restée catholique après la Réforme sont présentés dans l’article « Le catéchisme sur les murs » n° 5.


Carte de la Principauté épiscopale de Bâle/Karte des Fürstbistums Basel

Avec les sites des églises étudiées/Mit den Standorten der betroffenen Kirchen


Eglises de la Principauté passées à la Réforme protestante

La Collégiale à Saint Imier

La localité de Saint Imier est située dans la Prévôté de Moutier-Grandval, faisant elle-même partie de la Principauté épiscopale de Bâle.

L’histoire chrétienne de la région débute vers l’an 600 avec l’arrivée d’Imier, un ermite venu de Lugnez en Ajoie, mort vraisemblablement en 610 après avoir fondé une église nommée cella Sancti Imerii. Historiquement, Saint Imier est mentionnée pour la première fois en 884, lorsque l’empereur Charles III confirme à l’Abbaye de Moutier-Grandval la donation de la cella Sancti Hymeri.

La Collégiale

Au XIe siècle les habitants du lieu édifièrent une église, appelée Collégiale où sont déposées les reliques de Saint Imier. L’existence de la Collégiale est confirmée en 1228 dans le cartulaire de l’Evêché de Lausanne.



La Chapelle de la Chalière (Saint Etienne) à Moutier

L’histoire ancienne de Moutier se confond avec celle de l’Abbaye de Moutier-Grandval, fondée vers 640 par Gondoin, duc d’Alsace. En 849, l’empereur d’Occident Lothaire Ier confirme à l’Abbaye la protection royale . Au fil du temps, l’empereur Charles III confirme à l’Abbaye la possession d’églises à Saint Ursanne, La Neuveville, Saint Imier, Péry et Reconvilier. Toutefois, en 999, Rodolphe III de Bourgogne donne à l’évêque de Bâle, Adalbéron, l’Abbaye de Moutier-Grandval et ses possessions. C’est l’acte fondateur de la puissance temporelle des évêques de Bâle et de la principauté épiscopale de Bâle qui acquiert, outre Moutier-Grandval, également Saint Ursanne et Saint Imier. Sur son flanc sud l’Abbaye était menacée par l’expansionnisme des Bernois qui, en 1367, la détruisirent lors d’un raid et en 1486, l’envahirent tout en signant avec elle un traité de combourgeoisie. En 1530, Berne imposa la Réforme protestante à la Prévôté. Après le pillage de la Collégiale par les iconoclastes protestants en 1531, en 1534 les chanoines s’établirent à Delémont.

En 1792, le nord de la principauté épiscopale fut envahie par les troupes révolutionnaires françaises; le chapitre de Moutier-Grandval se réfugia à Soleure, canton avec lequel il avait signé un traité de combourgeoisie en 1404. Le sud de la principauté fut également occupé en 1797, les possessions de l’Abbaye étant vendues comme biens nationaux.

Au Congrès de Vienne, en 1814, la principauté épiscopale fut intégré à la Suisse et divisée entre les cantons de Berne et de Bâle.

La Chapelle de Chalières

Sa construction remonte au XIe siècle : elle fut d’abord utilisée comme lieu de culte par l’Abbaye de Moutier-Grandval, puis comme église paroissiale. Après la Réforme protestante, la chapelle servit de temple aux paroissiens des localités voisines de Perrefitte et Champoz. Entre 1888 et 1932, la chapelle fut utilisée comme lieu de culte par la paroisse de langue allemande de Moutier.

La rénovation entreprise entre 1934 et 1936 fit apparaître des peintures murales contemporaines de la construction de l’église. Certains experts soutiennent que leur style présente des similitudes avec l’école de Reichenau (Grisons), d’autres y voient une influence bourguignonne. Leur auteur n’est pas connu.



La Blanche Eglise à La Neuveville

La fondation de la ville a été précédée, en 1283, par la fondation d’un château (appelé Schlossberg) par Henry d’Isny, prince-évêque de Bâle et de Mayence ; la fonction de cette forteresse consistait à défendre la frontière ouest du territoire face aux comtes de Neuchâtel. La ville attenante fut édifiée entre 1312 et 1318 par le prince-évêque de Bâle Gérard de Vuippens qui lui accorda une charte de franchises. La ville avait son propre gouvernement, un châtelain représentant le prince-évêque de Bâle, suzerain du territoire. Située au bord du lac de Bienne, La Neuveville avait par rapport à la Principauté épiscopale une position excentrique. Proche de Berne, la ville était constamment menacée par les menées conquérantes de ce canton. Bâle était lointaine et ne pouvait bien en assurer sa défense ; cela poussa La Neuveville à signer, en 1388, un traité de combourgeoisie avec Berne. En 1530, sous l’influence de cette puissance, La Neuveville adopta la Réforme protestante. C’est l’invasion de la Principauté par la France révolutionnaire, en 1792, qui mit fin à l’indépendance de La Neuveville.

La Blanche Eglise

La date exacte de son édification n’est pas connue. On suppose toutefois qu’au VIIIe siècle il y avait sur le site une chapelle pré-carolingienne. En 866, une charte de Lothaire II, roi de Lotharingie, mentionne une première église, appelée Capella Sancti Ursicini Nugerolis, appartenant à l’Abbaye de Moutier-Grandval. Cela plaça La Neuveville dans les dépendances de la principauté épiscopale de Bâle, à plus forte raison qu’en 1141, l’église passa à l’Abbaye de Bellelay. Rénovée et agrandie, elle fut consacrée par l’évêque de Bâle en 1345 et appelée dès lors Ecclesia Alba (Blanche Eglise). Lors de l’adoption de la Réforme en 1530 les anciennes fresques du XIVe et XVe siècle furent recouvertes d’un enduit. Elles furent redécouvertes et restaurées lors de la dernière restauration importante entre 1984 à 1988.



Die Martinskirche in Pieterlen

Seit dem XIII. Jh. gehörte Pieterlen/Perles der Herrschaft Erguel des Fürstbistums Basel an. Im XIV. Jh. waren die Herren von Eptingen-Wildenstein Inhaber des Kirchensatzes 1 , der 1416 an die Abtei Bellelay ging. Mit den Ortschaften Romont, Reiben und Meinisberg bildete die Ortschaft die südlichste Meierei des Fürstbistums. Militärisch war Pieterlen dem Banner von Biel/Bienne zugeteilt. Unter dem Einfluss Berns nahm Pieterlen 1529 die protestantische Reformation an. 1797 wurde Pieterlen wie bereits das übrige Fürstbistum von den französischen revolutionären Kräften erobert. 1814, anlässlich des Wienerkongresses, wurde Pieterlen dem Kanton Bern zugeschlagen.

Die Martinskirche

Eine erste Kirche wurde vermutlich im X. Jh. erbaut ; die Martinskirche wird jedoch in der Geschichte erstmals 1228 im zuständigen Bistum Lausanne erwähnt.

Eine 1906, anlässlich einer Restaurierung wiederentdeckte Freske, stellt einen leidenden Christus dar, mit einem Stifter, der wohl ein adliger Priester darstellen könnte. Eine weitere Freske zeigt eine Kreuzabnahme Christi durch seine Mutter und seine Jünger, rechts und links knien die Stifter, vermutlich Heinrich und seine Gemahlin ; darunter liegt ein Grab auf dessen Platte die Wappen der Herren von Eptingen-Wildenstein sichtbar sind. Zuletzt wurde 1956 das einzige erhaltene Fresko aus der ehemaligen romanischen Absis wiederentdeckt, « Apostel von Pieterlen » genannt. Dieser Apostel, der aus einer Reihe von verlorengegangenen Seinesgleichen stammen könnte, könnte gleich alt wie die Fresken in der Apsis der Kapelle von Chalières in Moutier sein, also aus dem Anfang des XI. Jh. stammen. Die Autoren der Fresken sind nicht bekannt.

1/ Mitwirkungsrecht bei der Besetzung der Pfarrstelle


L’Eglise de Saint Martin, à Perles

Depuis le XIIIe siècle Pieterlen/Perles faisait partie de la Seigneurie d’Erguel de la Principauté épiscopale de Bâle. Au XIVe s. les seigneurs d’Eptingen-Wildenstein possédaient le droit de collature 2/ qui passa à l’Abbaye de Bellelay en 1416. Avec les territoires de Romont, Reiben et Meinisberg, Pieterlen constituait l’entité la plus méridionale de la Principauté. Sur le plan militaire, Pieterlen était rattachée à la ville de Biel/Bienne. Sous l’influence de Berne, en 1529 Pieterlen adopta la Réfome protestante. Comme l’avait été le reste de la Principauté, en 1797 la localité fut conquise par les armées révolutionnaires françaises. Lors du Congrès de Vienne, en 1814, Pieterlen fut attribuée au canton de Berne.

L’église de Saint Martin

Une première église fut vraisemblablement construite au Xe s.; les documents de l’Evêché de Lausanne, dont Perles faisait partie au spirituel,  ne mentionnent l’église de Saint Martin qu’en 1228. Lors d’une restauration en 1906, on découvrit une fresque qui représente le Christ en douleurs, avec à sa droite un donateur qui pourrait être un religieux aristocratique. Une autre fresque représente une descente de croix du Christ par sa mère et ses disciples; à gauche et à droite sont agenouillés les donateurs, vraisemblablement Henri et son épouse; en dessous se trouve une pierre tombale portant les armes des seigneurs d’Eptingen-Wildenstein. En dernier, on découvrit en 1956 la seule fresque récupérée de l’ancienne abside romane, à savoir l’ « apôtre de Pieterlen ». Cet apôtre, qui pourrait être le seul survivant d’une suite d’apôtres semblables à ceux de la chapelle de Chalières, à Moutier, pourrait également dater du début du XIe siècle. Les auteurs des peintures ne sont pas connus.

2/ Droit de participation à la nomination de religieux



L’église de Saint Benoît, à Bienne

Le Seeland (région des trois lacs de Neuchâtel, Bienne et Morat) est habité depuis le Néolithique. Situé au haut Moyen Âge à la limite du royaume de Bourgogne, aux VI et VIIes siècles il connut une forte immigration des Alamans, qui, au VIIIe siècle, y devinrent majoritaires.

Au Moyen Âge le territoire appartenait entre autres aux Abbayes de Bellelay (1142/1148) et de Moutier-Grandval (1179). Après avoir reçu, en 999, du roi de Bourgogne Rodolphe III la Prévôté de Moutier-Grandval, l’évêque de Bâle Adalbéron chercha a étendre son pouvoir dans le Jura, mais il se heurta aux comtes de Neuchâtel et aux seigneurs de Nidau. Bienne fut fondée vers 1225/1230 par l’évêque de Bâle Henri de Thoune. Cependant, au cours du même siècle, la ville s’émancipa partiellement de l’évêque et poursuivit sa propre politique, renforcée en cela par des privilèges et franchises octroyées par l’empereur et l’évêque. En 1279, Bienne conclut un traité de combourgeoisie avec Berne, puis avec Fribourg (1311) et Soleure (1334).

Devenue ville frontière après la prise de Nidau par Berne, Bienne louvoya durant quatre siècles entre son seigneur bâlois et son combourgeois bernois, dans une situation qui l’empêcha de s’étendre territorialement. Le prince-évêque, de sa lointaine résidence de Porrentruy, fit sentir une autorité plus nominale que réelle. Sous l’influence bernoise, en 1525 Bienne accepta la Réforme protestante.

Lors de la Révolution, les armées françaises annexèrent d’abord le nord de l’évêché de Bâle, en 1793, puis en 1797 la prévôté de Moutier et l’Erguël, et le 6 février 1798 la ville et le territoire de Bienne.

En 1814, lors du Congrès de Vienne, Bienne fut cédée au canton de Berne.

L’église Saint Benoît

Précédée par deux églises, romane et gothique, mentionnée dès 1228 par les cartulaires de l’évêché de Lausanne auquel Bienne appartenait au spirituel, l’église actuelle fut construite entre 1451 et 1470 par un maître d’oeuvre venu d’Alsace, suivi par un constructeur de l’atelier de Berne.

 En 1528 les décorations furent enlevées de l’église par les iconoclastes réformés, qui recouvrirent les peintures d’un enduit de chaux. Redécouvertes plus tard, ces peintures ne constituent pas des restes d’un programme iconographique d’ensemble, mais plutôt des images isolées, offertes à l’église par des mécènes issus de la bourgeoisie.


Die Kirche Sankt Benedikt in Biel

Das Seeland (Gebiet der drei Seen von Neuenburg, Biel und Murten) ist seit der Jungsteinzeit bewohnt. Im Frühmittelalter lag es am Rand des burgundischen Königreichs ; seit dem VI/VII Jh. setzte die Einwanderung der Alemannen ein, die im VIII. Jh. zahlenmässig dominierten. Im Mittelalter gehörte das Gebiet unter anderen den Abteien Bellelay (1142/1148) und Münster-Grandval (1179). Ab 999, nachdem er die Probstei Münster-Grandval vom burgundischen König Rudolf III erhalten hatte, versuchte der Bischof von Basel, Adalbero seine Herrschaft im Jura weiter auszubauen, kam dabei jedoch mit den Herren von Neuenburg und Nidau in Konkurrenz. Biel wurde um 1225/1230 durch den Bischof von Basel, Heinrich II von Thun gegründet. Im Verlauf des Jahrhunderts gelang es der Stadt sich vom Bischof teilweise zu emanzipieren und eine eigene Politik zu verfolgen. Dazu stützte sie sich auf die vom Kaiser und vom Bischof erhaltenen Stadtrechte. 1279 schloss Biel einen Burgrechtsvertrag mit Bern, 1311 mit Freiburg und 1344 mit Solothurn ab. Nach der Einnahme von Nidau durch Bern wurde Biel eine Grenzstadt und begann während vier Jahrhunderten zwischen dem basler Fürstbischof und dem bernischen Bündnispartner zu lavieren, was die Stadt daran hinderte, sich ein eigenes Herrschaftsgebiet aufzubauen. Von seiner fernen Residenz in Pruntrut übte der Fürstbischof seine Hoheit nur noch nominell aus. Unter bernischem Einfluss stehend trat Biel bereits 1525 zur protestantischen Reformation über. Anlässlich der Revolution besetzten französische Truppen zuerst den Norden des Fürstbischoftums, 1797 Münster und das Erguel, 1798 Biel und seine Umgebung. Der Wienerkongress übergab Biel 1814 dem Kanton Bern.

Die Sankt Benediktskirche

Die jetzige Kirche wurde von 1451 bis 1470 auf dem Standort zweier älterer Kirchen, einer romanischen und einer gotischen, errichtet. Erwähnt wird die Sankt Benediktskirche erstmals 1228 in den Papieren des für das Geistliche zuständigen Bischoftums Lausanne. Erbauer waren anfänglich ein aus dem Elsass stammender Werkmeister, später ein Mitglied der Berner Bauhütte. 1528 entfernten die reformierten Ikonoklasten alle Bilder aus der Kirche und übertünchten die Wandbilder.

Die später wiederentdeckten Malereien sind nicht die Resten eines programmierten ikonographischen Ensembles, sondern einzelne Werke, die der Kirche von bürgerlichen Spendern geschenkt wurden.



 

Cosimo Nocera est historien et guide du Musée national de Bangkok. Il a vécu et travaillé en Italie, Suisse et en Amérique andine (Pérou, Equateur et Bolivie). Après un long séjour en Asie du Sud-Est, il vit actuellement en Suisse française.

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