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Le monde il y a 50 ans : Pérou, MexiqueDes images qui interrogent le présent

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Images du passé

Le choix d’images qui suivent ont toutes été prises entre les années 1970 et 1990 du siècle passé. Elles reflètent une époque qui tranche avec notre actualité, marquée par l’irruption de techniques nouvelles et une digitalisation omniprésente. Elles sont le présent d’un passé distant d’à peine deux générations.

 

Pérou

 

Petite ferme dans la vallée de Lares, avec son enclos pour le bétail, son pâturage et ses maisons en pierre et toits en chaume. Lares est située au Nord de Cusco, au Pérou ; c’est une région de vallées, montagnes et lagunes. La plupart de ses habitants parlent le quechua et vivent d’agriculture (pomme de terre et autres tubercules) et d’élevage (lamas et alpacas). Ils pratiquent le tissage traditionnel sur leurs propres métiers à tisser. Toutes les photos ont été prises dans les années 1980-90.

 

Fabrique d’adobe à Poroy, sur le chemin de Quillabamba. Cette ville, située dans le prolongement de la Vallée sacrée de Cusco, est le terminus du train de Cusco qui passe par Aguas Calientes et le Machu Picchu. On y produit des fruits et du café, mais aussi du gaz (Camisea). Sur l’image on voit la production d’un matériel de construction naturel : les briques d’adobe sont constituées d’argile et de fibres végétales, amalgamés avec de l’eau et séchés au soleil.

 

Choquecancha : ce vieux village, situé dans la province de Lares, a une population d’environ 200 habitants, tous parlant quechua. Il possède une église construite en 1975, où les habitants du village et des environs célèbrent leurs mariages. La photo montre les participants à un mariage, les époux et une partie de leur parenté. La plupart portent leur costume traditionnel, tissé et cousu par eux-mêmes avec de la laine d’alpaca.

 

Choquecancha conserve plusieurs traces incaïques. Il est entouré d’andenes (champs en terrasse) et la place principale présente un mur inca pourvu de niches. Sur ce mur se sont assemblés de nombreux jeunes, portant en partie leurs costumes traditionnels, pour assister au mariage qui vient d’avoir lieu.

 

Choquecancha : le tracteur d’Alan. Alan Garcia était président du Pérou de 1985 à 1990. Pour obtenir les faveurs de la population paysanne, il avait lancé une campagne de dons de tracteurs aux communautés. Choquecancha reçut l’un de ces tracteurs. Malheureusement, il était inutilisable parce que tous les terrains agricoles de Choquecancha consistaient en andenes (champs en terrasse), très étroits et fragiles. Le tracteur se transforma donc en divertissement populaire, traçant des tours sur la place principale le dimanche, pour le plaisir de ses nombreux occupants qui se cotisaient pour acheter le carburant.

 

Chullpas de Ninamarqa : village situé au sud-est de Cusco, Ninamarqa présente un groupe de monuments funéraires appelés chullpas, édifiés par la culture préincaïque a entre 1200 et 1400 apJC. Ces tours abritaient les corps momifiés de personnages importants. Elles étaient construites en terre, cailloux, herbe ichu et quelques pierres.

 

Huamanmarqa : les habitants de ce petit village, situé dans la montagne de la province d’Arequipa, à plus de 4000 m d’altitude, parlent tous le quechua. Ils élèvent des lamas et alpacas et cultivent quelques champs de pommes de terre et de quinoa. Les mères de famille se sont réunies dans la cuisine commune pour préparer une soupe consistante qu’elles offriront au wira’qocha (personnage blanc bienveillant) de passage.

 

Volcan Sabancaya : situé dans le département d’Arequipa, au Pérou, le volcan Sabancaya (langue de feu en quechua) a une altitude de 5967 m. On peut l’observer depuis la route qui d’Arequipa va à Cusco ; sur la photo il est en éruption. Il a été actif jusqu’en 1750 et est entré de nouveau en activité par émission de fumerolles, puis de lave, au début de 1990.

 

Fiestas patrias à Plateria/Puno : le 28 juillet le Pérou fête son indépendance de l’Espagne, obtenue par le général San Martin. Les cérémonies comportent des messes, défilés militaires et discours du président. Plateria est une localité située au Sud-Est de Puno, de langue aymara. Les habitants ont été réunis en vue d’un défilé ; ils portent leur tenue traditionnelle. Si le Pérou a obtenu son indépendance en 1821, qu’en est-il de celle des indigènes ?

 

Amantani : cette petite île, habiteée par moins de 4’000 habitants de langue aymara, est située sur le lac Titicaca, près de Puno. L’île n’a pas de circulation automobile. Les habitants y cultivent principalement la pomme de terre, la quinoa, le blé, le maïs. Ils sont connus pour la qualité et l’esthétique de leurs textiles. Certaines familles accueillent les visiteurs en leur proposant le logement et les repas. Les andenes visibles sur l’image sont des terrasses agricoles creusées sur la pente d’une élévation, séparées par des murs de soutènement ; elles mesurent en moyenne 3 m de large.

 

Desaguadero : cette région aride, située à 3800 m au Sud-Est de Puno, est partagée entre le Pérou et la Bolivie. Le cours d’eau qui marque la frontière entre les deux pays est le seul débouché du lac Titicaca. L’image montre une petite ferme avec ses maisons couvertes de chaume et trois enclos différents pour les bovins, les moutons et les lamas.

 

Taquile : cette petite île de 2200 habitants est également située sur le lac Titicaca. Son économie est basée sur la pêche et la culture en andenes de quinoa, maïs, pommes de terre et blé, ainsi que sur les visiteurs. L’accès de ceux-ci est entièrement géré par la communauté de l’île qui leur fournit logement et repas, ainsi que le transport depuis Puno. Il n’y a pas de circulation automobile sur l’île. L’art textile est bien développé : le tricot est réservé aux hommes, les femmes pratiquant le tissage. L’image montre un homme de Taquile occupé à organiser le transport de visiteurs dans le port de Puno ; le chullo ou bonnet traditionnel et la faja ou ceinture qu’il porte ont été tricotés par lui-même.

 

Mexique

 

Restes de l’église San Juan Parangaricutiro dans le champ de lave du volcan Paricutin, dans l’Etat de Michoacan, au Mexique. Ce volcan est né le 20 février 1943 dans un champ de maïs, sous les yeux du propriétaire, et sa coulée de lave a submergé les villages de Paricutin et San Juan Parangaricutiro. Seul reste visible, le clocher de l’église de ce dernier. Un nouveau village appelé Nuevo San Juan Parangaricutiro a été fondé après cet événement.

 

Plaza de las tres culturas : le nom de cette place, située en ville de Mexico, se réfère aux trois ensembles architecturaux qui l’entourent et qui représentent trois étapes de l’histoire du Mexique : la culture mésoaméricaine représentée par les restes de l’altepetl (village) de Tlatelolco, fondé au XIVe siècle par les Tlatelolcas ; la culture espagnole qui se matérialise dans un couvent et le temple de Santiago du XVIe siècle ; puis la culture du Mexique moderne représentée par la tour de Tlatelolco et les édifices de l’ensemble urbain Nonoalco. Il est intéressant de constater que lors du grand tremblement de terre qui frappa la ville de Mexico en 1985, les éléments qui resistèrent le mieux furent ceux des périodes mésoaméricaine et espagnole. Photo prise en 1985.

 

Tolantongo : dans cette région de l’État de Hidalgo, au Mexique, se trouve un canyon dont la végétation est semi-tropicale à cause de l’abondance de l’eau et de la chaleur humide qui y règne. L’image montre cependant un aspect du plateau situé au-dessus du canyon ; à quelques centaines de mètres de distance la végétation devient semi-aride et représente un contraste frappant avec le fond du canyon.

Xochimilco est un quartier de la ville de Mexico où se trouvait un lac appelé Texcoco, alimenté par l’eau des montagnes, dont la superficie fut par la suite progressivement réduite. De nos jours il reste toutefois un réseau de canaux et de jardins flottants, appelés chinampas, sillonnés par des barques (trajineras) à dispositions des promeneurs, agrémentées d’orchestres de mariachis (ensemble traditionnel mexicain à chant, trompettes et cordes) ; certains bateaux offrent aussi de la nourriture.

 

Angahuan est un village purépecha (ou tarasque) situé dans l’État de Michoacan au Mexique. Il est connu pour sa Feria de Santiago, où des ensembles musicaux rivalisent entre eux et le village est couvert de stands de nourriture et de nombreuses attractions foraines.

Cosimo Nocera est historien et guide du Musée national de Bangkok. Il a vécu et travaillé en Italie, Suisse et en Amérique andine (Pérou, Equateur et Bolivie). Après un long séjour en Asie du Sud-Est, il vit actuellement en Suisse française.

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